Nos hommages à Félicie

Nos hommages à Félicie

C’est avec chagrin que nous vous annoncions le 16 septembre le départ de Félicie, l’une des cinq premières poules recueillies à la Pondation.

Vous avez été nombreux à nous envoyer des messages de condoléances et d’encouragements, qui nous sont allé droit au cœur.

5 poules blanches - Pondation de Félicie

Comme elle le racontait dans son édito, Félicie a débuté son existence en batterie et a fait partie des rares chanceuses à échapper à l’abattoir à la fin de sa courte carrière.

Cela faisait bientôt 4 ans qu’elle coulait des jours tranquilles à nos côtés, s’invitant dans la maison à la moindre occasion. Elle appréciait la compagnie des humains tout en assurant son rôle de matriarche auprès des un peu plus de 450 autres poules passées par la Pondation.

La recueillir fut pour nous le point de départ d’une belle aventure, qui ne s’achèvera pas avec son départ.

Nous avons veillé sur elle, comme nous veillons sur toutes nos protégées, et comme nous aimerions pouvoir veiller sur toutes les victimes que l’élevage condamne chaque jour.

Plus que jamais, fières d’avoir offert une vie descente à des centaines d’individus, nous revendiquons nos positions abolitionnistes.

Félicie restera l’allégorie de nos valeurs antispécistes, et renforce notre bienveillance envers tous les êtres qui nous entourent.

Autour de nous, les traces de son passage se font sentir ; les habitudes de consommation changent, les réflexions quant au bien fondé d’un mode de vie sans souffrance animale s’affinent, les œillères finissent par tomber. Notre message aurait-il eu autant d’impact sans l’expérience vécue auprès d’un des animaux le plus voué à l’oubli et à l’indifférence, et pourtant probablement dont le plus grand nombre d’individus subissent les appétits carnassiers de l’Homme moderne ?

 

Devenue à présent égérie de la cause grâce au Vegan Flag SHOP de Vegan France, elle est un symbole fort de la libération animale.

Son rayonnement continuera longtemps de porter notre message d’amour et de respect de la vie.

Pourquoi ne vendons-nous pas « nos » œufs ?

C’est une question qui nous est souvent revenue. Pourquoi ne pas profiter de cette manne tombée du ciel, ou plutôt sortie du cloaque de nos pensionnaires, pour permettre à notre association de prospérer ?

Dans son édito, Félicie dépeignait les conditions d’élevage des poules pondeuses, soulevant ainsi le problème des conditions de détention des animaux.

Notons qu’en 2017, 68% des poules pondeuses en France vivaient en batterie. Et les consommateurs, en toute bonne foi, pensent souvent boycotter ces pratiques en n’achetant que des œufs de plein air ; mais cela ne prend pas en compte les œufs entrant dans la composition de produits transformés.

A supposer que la totalité des œufs produits soient un jour issus de filières plein air, cela ne règlerait ni la question des poussins mâles éliminés à la naissance, ni celle de la destination finale des pondeuses après une durée de services bien courte.

Inutile d’insister quant aux méthodes d’abattage, elles ne sont qu’un argument de plus en faveur d’un arrêt total de la consommation d’œufs issus d’élevages professionnels.

 

Mais alors, me direz-vous, les poules que nous recueillons à la Pondation ont été sorties de ce système. Elles coulent une retraite paisible et ne sont pas soumises à des exigences de rentabilité.

Néanmoins, suite à des siècles de sélection minutieuse, elles continuent à pondre plus de 200 œufs par an.

Cette notion de sélection des espèces remet en question tout le processus de domestication et le rapport de l’homme avec les autres animaux ; le sujet est trop vaste pour être abordé ici.

Le fait est que nos poules modernes ont une existence indissociable de celle des humains, et qu’il est donc de la responsabilité de ces derniers de prendre soin d’elles et de les protéger, les ayant assujetti et privé de leur autonomie.

La présence des œufs à la Pondation semble donc aller de soi, et ne pas entrer en contradiction avec la prodigalité dont les poules bénéficient.

 

De plus, en « détenant » plus de 50 poules, nous sommes de facto considérés comme un « élevage », et sommes enregistrés comme tel auprès de la chambre d’agriculture.

Nous serions donc en droit de vendre « nos » œufs, sous réserve d’appliquer certaines conditions d’hygiène.

 

Et c’est ce que nous faisions au départ…. La Pondation de Félicie a vu le jour dans le cadre d’un concours de création de start’up innovante en milieu agricole, avec des mentors spécialisés en communication, en technologie, en levées de fonds, des jurys issus du monde de la finance ; l’objectif était de créer un business model, et non pas une innovation éthique, avec l’espoir fou de rendre notre monde un peu plus bienveillant.

Et puis, il fallait bien se rendre à l’évidence ; il nous fallait un début de trésorerie pour pouvoir envisager des actions. Nous finîmes donc par céder, à contre-cœur, à l’injonction récurrente de tous nos conseillers.

Le but n’était pas d’engendrer du bénéfice, uniquement de payer la nourriture de ces dames ; le prix était donc ridiculement bas. Et nous devînmes bien malgré nous vendeurs, les clients nous réclamant toujours de la quantité, et faisant totalement fi de la démarche qu’ils étaient sensés promouvoir.

Nous étions en train de légitimer le système que nous voulions voir choir.

Quant à notre réflexion mettant en avant l’inadéquation entre la consommation de produits d’origine animale et nos valeurs, elle se voyait décrédibilisée par nos actions.

Notre but avait été de prouver qu’un autre rapport à l’animal était possible, mais la finalité restait la même, tant qu’elle n’impliquait pas de privation ou d’engagement de la part du consommateur final.

Ainsi prit fin cette phase de notre histoire, pour revenir à notre discours de base et à l’abolitionnisme dans lequel il prenait ses racines.

 

Continuant à affiner notre réflexion, nous nous sommes donc posé la question de la légitimité de la consommation d’œufs elle-même, quelle que soit l’origine des dits œufs.

Au risque de se voir brandir avec virulence des contre-études nous prouvant le contraire de nos propos, nous ne nous permettrons aucune allégation santé sur le sujet ; ou peut-être une seule : les œufs ne sont en rien nécessaires ou indispensables à l’alimentation humaine.

Au même titre que le lait de vache est un aliment produit par la mère pour son veau, la poule produit une poche de substance nutritive visant à subvenir aux besoins d’un poussin à naître.

Et au même titre que les mammifères, la poule produit des ovocytes, qu’il y ait ou non fécondation par un coq. Un mythe s’effondre !

Il arrive que les poules produisent des œufs non viables, avec une coquille trop fine ou pas de coquille du tout ; elles ont alors tendance à les manger. Cela nous évoque l’exemple des mammifères qui mangent le placenta de leur nouveau-né, pour reconstituer leurs forces.

Les poules peuvent donc bénéficier de ce qu’elles ont dépensé pour produire leur œuf, simplement en le mangeant.

A la Pondation, nous redonnons donc leurs œufs à nos pensionnaires ; nous les cuissons et broyons grossièrement les coquilles de sorte qu’elles évitent de manger leurs œufs juste après les avoir pondus. En soi, ça ne représenterait pas un problème, mais ça peut en devenir un pour nos adoptants.

Car même si nous avons fait le choix de ne plus les consommer, pour continuer à véhiculer l’idée selon laquelle ils n’ont pas lieu d’être dans notre alimentation (et donc que l’élevage n’a pas lieu d’être en soi), nous sommes lucides quant au fait que certains de nos adoptants, outre le fait d’effectuer une bonne action, compte malgré tout sur la présence d’œufs dans leur poulailler, au moins les premières années d’adoption.

Et dans notre désir d’encourager à l’auto-suffisance alimentaire, nous préférerons toujours que les gens consomment des œufs issus de sauvetage plutôt que de faire prospérer une industrie agro-alimentaire peu soucieuse de nos préoccupations antispécistes, ou encore les jardineries-animaleries, qui revendent les jeunes poulettes à prix d’or, faisant encore une fois la promotion de l’animal-objet à visée utilitaire ou ornementale.

 

 

Félicie Sanctuary - La Pondation de Félicie

Félicie Sanctuary

 

Pondation de Félicie hosts reformed laying hens, whom fate was to end in the slaughterhouse. They are only 18 months old when they become non profitable enough for the stockbreeder.

Yet, they can still live about 5 years after that, and keep laying eggs (enough for a family to be self-sufficient), eating vegetables wastes and producing quality fertilizer ; but they can enjoy a second life with a kind family, and be respected for what they are : sentient beings with a complexe inner existence.

We go in the farm and negociate with the breeder to pick up as much hens as we can properly host.

Then, we take care of them, heal the ones who need to be, and give them respect and emphasis, in order to resocialize them, with humans and other hens.

After a few weeks, they are ready to go in their last family, with promises of good care and well-being for the rest of their life.

We try to reduce the stress and disconfort during transports as much as possible; that is why we only pick and deliver hens about 100km around our headquarters.

We also keep no more than a hundred hens toghether at the same time, so that they are able to recognize all of their peers.

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Dialogue du Chapon et de la Poularde – Voltaire

Dialogue du Chapon et de la Poularde – Voltaire

Dans un texte de 1763, Voltaire imagine le dialogue d’un chapon avec une poularde. Ce texte nous a été partagé par des amis l’été dernier (Août 2018). Ce sont des adhérents de la Pondation de Félicie de la première heure. Ils ont adopté des poules chez nous. C’est une manière de leurs faire un clin d’œil que de partager à notre tour, ce texte assez… imagé.

 

Alors, il est évident que ce texte ne parle pas uniquement des poules et chapons mais, nous ne pouvons résister à le diffuser.

 

« Dialogue du Chapon et de la Poularde », Mélanges, Voltaire, 1763

 

LE CHAPON

Eh, mon Dieu! ma poule, te voilà bien triste, qu’as-tu?

LA POULARDE

Mon cher ami, demande-moi plutôt ce que je n’ai plus. Une maudite servante m’a prise sur ses genoux, m’a plongé une longue aiguille dans le cul, a saisi ma matrice, l’a roulée autour de l’aiguille, l’a arrachée et l’a donnée à manger à son chat. Me voilà incapable de recevoir les faveurs du chantre du jour, et de pondre.

LE CHAPON

Hélas! ma bonne, j’ai perdu plus que vous; ils m’ont fait une opération doublement cruelle: ni vous ni moi n’aurons plus de consolation dans ce monde; ils vous ont fait poularde, et moi chapon. La seule idée qui adoucit mon état déplorable, c’est que j’entendis ces jours passés, près de mon poulailler, raisonner deux abbés italiens à qui on avait fait le même outrage afin qu’ils pussent chanter devant le pape avec une voix plus claire. Ils disaient que les hommes Lire la suite

Edito de Félicie : La Poule qui a du Pot

Edito de Félicie : La Poule qui a du Pot

Vous vous demandez sans doute qui est cette allègre gallinacée qui gambade librement dans son parcours et profite de la félicitée d’une retraite bien méritée !

Il s’agit de moi-même, Félicie première du nom !

 

Je suis issue d’un élevage de 3000 poules, dont les œufs ont servi à la fabrication de vaccins.

Mais mon parcours est le même que celui des poules de batterie dont les œufs sont destinés à la consommation. Vous savez, le code 2 au début du marquage des œufs.

J’ai d’ailleurs les pattes un peu tordues, d’avoir vécu sur des caillebotis…

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Premières portes ouvertes à la Pondation

Le 18 et 19 août 2018 ont eu lieu les premières portes ouvertes de la Pondation de Félicie.

Fréquentant des cercles regroupant différents acteurs de la défense du bien-être animal, nous participions, dès que nous en avions l’occasion, aux événements Vegoresto de notre secteur.

C’est en participant à un pique-nique organisé via ce réseau que nous avons eu l’idée de reproduire le modèle au sein de la Pondation.

Plusieurs de nos contacts étaient désireux de découvrir nos infrastructures, de se rendre compte de nos besoins, et de venir mettre la main à la pâte. Il nous avait fallu un peu de temps et de réflexion afin de prioriser les urgences, de sorte à établir un plan d’action ; puis, il nous fallait un prétexte convivial et festif. Le pique-nique s’est donc avéré être un contexte idéal.

 

 

Le temps s’est montré plus que clément, permettant à la vingtaine de bénévoles mobilisés sur les deux jours d’embrailler des travaux qui devenaient urgents pour la sécurité et le confort de nos pensionnaires. Un don important de palettes a permis d’ériger le début d’une clôture, les tronçonneuses ont formé des piquets ; les coups de pioche et de masse nous assurent de la stabilité de l’ensemble… tant de choses que nous n’aurions pas réalisé sans l’aide des personnes mobilisées !

Le terrain avait également besoin d’un grand nettoyage, que ce soit pour rassembler divers objets accumulés même avant l’arrivée des poules, ou pour débroussailler en grand et redonner accès à leur espace à qui de droit : Félicie et sa bande d’inspectrices des travaux pas-tout-à-fait-finis !

Il n’y eu pas que de la sueur ! C’était aussi une aubaine pour se retrouver entre amis ou faire de nouvelles connaissances. Le repas partagé étant entièrement végane, c’était l’opportunité pour des personnes en transition de venir discuter, remettre en question un mode de vie légitimé par la culture, et poser les bases de leurs réflexions naissantes. Pour d’autres, déjà convaincus, il s’agissait d’élargir leur réseau. Pour beaucoup, enfin, il s’agissait d’agir pour la cause d’une manière différente. Les militants chevronnés avaient l’occasion d’être en contact direct des victimes du système qu’ils condamnent ; circonstance idéale pour questionner les liens entre l’Homme et les autres animaux.

Des connivences naquirent ou se renforcèrent.

Les poules eurent l’air d’apprécier l’animation ambiante, se plaisant toujours à avoir de la compagnie. Nos invités repartirent avec le sourire, nous enjoignant de réitérer l’opération. Quant à nous, nous étions ravies du résultat, qui allait bien au-delà de nos espérances !

Avec une vision plus claire de ce qu’il reste à réaliser, nous sommes à présent en mesure de calculer globalement ce qu’il nous manque pour optimiser l’environnement des poules de la Pondation.

Le projet précis, les plans et le budget à lever seront bientôt disponibles sur HelloAsso ; et vous pourrez aussi venir en discuter directement avec nous à la VeggiePrise, à Chérisy au salon du Vivre et Habiter Ecologique, et à VeggieWorld, ou directement au poulailler !